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Retour au volume 50, numéro 1

L'impact de la fragmentation des mémoires collectives nationales sur la politique étrangère. Le cas de la France

Résumé

Comment les changements dans les conditions de la gouvernance des mémoires collectives nationales influencent-ils la politique étrangère ? Le recours à des représentations du passé partagées à un niveau intersubjectif constitue une ressource pour la prise de décision et pour la justification de la politique étrangère. Dans cette optique, cet article identifie cinq facteurs qui amenuisent la capacité des gouvernements de régir les mémoires nationales et en explore deux conséquences principales. Tout d’abord, l’utilité justificatrice du recours à l’histoire est de plus en plus limitée. Ensuite, la disparition d’une mémoire collective consensuelle peut conduire à l’émergence du « présentisme » comme mode de temporalité dominant dans les processus de décision. Cette réflexion est illustrée par une analyse empirique du cas de la France, pays dont la politique étrangère se distingue par une forte tradition du recours à l’histoire nationale.

Abstract

How do changes in the way national collective memories are shaped influence foreign policy? Appeals to shared representations of the past at an intersubjective level are an aid to decision-making and the justification of foreign policy. Given this, five factors are identified that undermine a government’s ability to shape national memory and explores the two main consequences. First, the justificatory utility of appeals to history is increasingly limited. Second, the disappearance of a consensual collective memory can lead to the emergence of “presentism” as the dominant mode of temporality in decision-making processes. This line of thinking is illustrated by an empirical analysis of the case of France, a country whose foreign policy is noted for its strong tradition of appeals to national history.

Resumen

¿Cómo influyen los cambios en las condiciones de gobernanza de las memorias colectivas nacionales en la política exterior? El uso de representaciones compartidas del pasado a nivel intersubjetivo es un recurso para la toma de decisiones y para la justificación de la política exterior. En este contexto, este artículo identifica cinco factores que reducen la capacidad de los gobiernos para regir las memorias nacionales y explora dos consecuencias principales. En primer lugar, la utilidad justificativa del uso de la historia es cada vez más limitada. En segundo lugar, la desaparición de una memoria colectiva consensual puede llevar al surgimiento del "presentismo" como modo dominante de temporalidad en los procesos de toma de decisiones. Se ilustra esta reflexión mediante un análisis empírico del caso de Francia, un país cuya política exterior se distingue por una fuerte tradición de uso de la historia nacional.   

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